Expo pour la paysageo-diversité

Publié le par fabrice

 

 

PLANETE FRANCE


 
 
Plaidoyer pour la paysageo-diversité :
Fabrice Milochau
 

Il existe encore des paysages de rêve, presque vierges d'interventions humaines, disséminés aux quatre coins de l'hexagone. Des paysages magnifiques qui reposent sur des écosystèmes complexes mais fragiles, et qu'une situation géographique peu commode ou des mesures de protection ont préservé de notre impact. Ces paysages d'exception sont riches d'une diversité et d'une force dont nous perdons peu à peu l'habitude. Témoigner de leur beauté est le plus sur moyen de les défendre et de les ramener à notre conscience. C'est tout le sens de ma démarche et de mon travail de photographe.

 

Se préoccuper des paysages est une priorité à l'époque où nous vivons. Les enjeux écologiques nous sont désormais presque familiers, à travers les notions de développement durable et de biodiversité ; mais où se développe la vie et sa diversité sinon au sein d'un "paysage" ?

 

Un paysage ne se résume pas à une idée bucolique en vogue dans nos sociétés depuis l'avènement du Romantisme et de notre goût pour les jardins ; un paysage est avant tout la plus grande entité que nos yeux puissent embrasser en une seule fois. Avec lui, tous les paramètres biologiques, géologiques, climatiques, hydrologiques et atmosphériques sont pris en comptes d'un seul coup. Le paysage renferme tous les enjeux du vivant et de l'inanimé ; plus encore, il ne les sépare pas, n'en fait pas des disciplines distinctes, mais constate et préserve toutes leurs interactions et leurs interdépendances. C'est la bulle écologique la plus complète que nous puissions percevoir à titre individuel.

 

A travers le « sauvagerie » et la richesse esthétique d’un paysage on évalue déjà un peu sa valeur : sans apprentissage scientifique particulier, tout à chacun sent déjà intuitivement si telle ou telle parcelle du monde grouille ou non de vie , est sous l’influence d’interventions humaines, a subit des dommages, est sur le déclin ou en cour de régénération, etc… Quelque chose d’inné en nous, probablement hérité de nos lointains ancêtres, fait encore vibrer une corde particulière ; nous ressentons un paysage et sa force, qu’il nous fascine, nous attire ou nous repousse. C’est par ce ressenti que nous sommes en premier lieu sensibles à la Nature. Toutes les informations plus ou moins conscientes que reçoit notre cerveau lorsqu’il contemple un paysage, provoquent ou non un bien-être, et le sentiment de « beau ». Bien qu’infiniment subjectif, c’est ce fameux critère esthétique qui motivera en premier lieu notre attachement et notre affection à un environnement naturel.

Est ce à dire qu’il faut se désintéresser de ce qui ne flatte pas nos yeux, bien sure que non ; mais à la manière d’une vitrine, il faut déjà donner envie de rentrer dans le magasin avant d’en découvrir tous les articles. L’extraordinaire potentiel des plus beaux paysages est là : nous mobiliser et toucher nos cordes sensibles pour prendre conscience du patrimoine dont nous avons aujourd’hui la responsabilité.

La biodiversité mesure et garantie la richesse du vivant dans un écosystème ; il peut s’agir d’une simple mare comme d’une foret vierge toute entière. Chaque niche écologique, chaque morceau de nature peut prétendre à sa propre biodiversité : selon les spécialités scientifiques, on prendra telle ou telle échelle pour en mesurer les caractéristiques. La encore, le paysage est une synthèse particulièrement intéressante pour évaluer la biodiversité puisqu’il accueil tous les milieux qui le composent. Protéger un paysage c’est par voie de conséquence protéger toute sa biodiversité. Mais ce n’est pas tout : on protège aussi toutes les connexions avec le milieu et les sols, la lumière du soleil, la chaleur induite, l’évaporation, la diffusion des précipitations, les cours d’eau, les courants, l’érosion… Quel sens peut avoir la protection d’une plante ou d’un animal sans son environnement paysager ?

 

Encourager et préserver la diversité des paysages c’est agir de façon globale et profonde pour la protection de la planète et de tous les être vivants. La paysageo-diversité est une notion à la fois nouvelle et vieille comme le monde qu’il faut désormais prendre en compte ; elle garantie non seulement le respect de la vie sur Terre, mais aussi sa pérennité, car un paysage s’inscrit dans la durée. Même s’il suffit de quelques semaines pour raser une foret, il faut des années voir des siècles pour que le reste des paramètres physiques se transforment dans le bon ou le mauvais sens. A l’inverse, un paysage respecté offrira une protection à long terme pour l’ensemble de ses occupants.

 

Le paysage s’inscrit par nature dans la logique du développement durable.

 

 

 

 

 

 

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