Bretagne, 4ème de couv

Tout au bout de la terre, tout au bout des légendes, tout au bout du mystère et de la sauvagerie est la Bretagne. Ultime domaine des hommes avant l’océan démesuré, dernière frontière de granit au seuil des abysses noirs et froids de l’Atlantique, l’ancienne Armorique fait preuve d’une imagination débordante : de pointes tempétueuses en abers silencieux, de bois sombres et moussus en tourbières redoutées, se côtoient toutes les teintes et tous les parfums de la création. La Bretagne est plurielle, vaste et contrastée. Tandis que l’Armor déroule ses plages et ses falaises à l’infini, ouverte aux quatre vents sous les lumières réfléchies par les vagues, l’Argoat  cache ses trésors de pierre et de chlorophylle au fond de gorges secrètes, au faîte de collines désolées, au carrefour de chemins improbables. La pluie, les nuages et la fraîcheur du matin sont de vieux compagnons ; des amis de toujours que la Bretagne n’a jamais renié. C’est souvent sous des cieux, ailleurs inhospitaliers, que ces contrées et ces paysages authentiques donnent leur vraie mesure : celle de l’âme celte, de la rencontre du sacré, de la symbiose des éléments qui célèbrent la nature.

 

 

 

 

 

... La Bretagne est un peu plus qu’une région française : tant de mystères et d’histoires lui sont rattachée qu’elle s’ancre dès l’enfance au plus profond de notre inconscient. Ici plus qu’ailleurs, la nature est intimement liée à la vie des hommes. La mer, la forêt, les landes et les marais sont au cœur de l’âme bretonne. Il n’est pas un Cap, pas un chêne, pas une roche qui ne soit sacré ou propice à la superstition : les celtes et leurs cortèges de druides nous ont laissé la trace de leur vénération pour cette nature aux milles signes, dont nous avons peu à peu oublié le langage.

Exposée à tous les vents, à toutes les tempêtes, les côtes de Bretagne se sont élevées en véritables remparts ; pointes et caps sont autant de tours de garde où de courageux phares s’entêtent à percer l’obscurité, tandis que falaises et rochers brisent l’assaut ininterrompu des vagues. De cette éternelle confrontation avec la mer, sont nées d’incroyables aiguilles, isolées dans les flots, dressées vers le ciel, où de puissants « tas de pois » éparpillés ça et là, comme un troupeau d’éléphants immobiles… Au large, des îles contrastées forment les avants postes. Ouessant, Bréhat, Belle-île en mer…, leurs noms chantent à nos oreilles comme des poèmes. Chacune est différente, singulière, inattendue ; tantôt paradis de soleil et de fleurs, tantôt enfer d’écume et de bourrasques. Mais si la Bretagne est taillée pour la bataille elle est aussi dessinée par la délicatesse. Des plages immaculées étalent leurs sables onctueux  au creux de baies turquoises, alors que des fleuves tranquilles s'étalent langoureusement dans les abers en d’innombrables ruisseaux pastel.