Lofoten

 

 

 

 

 

 

 

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Les îles Lofoten

 

Comme une lointaine enclave alpine, le vieil archipel des vikings flotte dans le sillage d’un éternel crépuscule boréal, sur les eaux noires de la redoutable mer de Norvège.

 

Elles sont les perles de la Norvège ; sur un peu plus de cent kilomètres, au sud-ouest de Narvik, les Lofoten s’égrènent comme un chapelet hérissé. Ici, le temps s’est un peu arrêté. L’archipel s’étend de Vagan à l’est, jusqu’à Rost au sud-ouest, dernier grain de terre perdu dans l’océan.

Il faut de la persévérance pour pénétrer cette ligne forte qui s’étend le long de la côte norvégienne. Une journée de voyage aérien depuis Paris, en trois étapes, avec des avions de plus en plus petits, pour rejoindre, sur l’île de Vestagoy, Svolvaer la capitale administrative. Juste derrière, dans un élan sauvage, les montagnes se perdent dans une brume bleutée. Il n’existe peut-être aucun lieu comme celui-ci ; un monde à part, à pic, déchiré et grandiose ; un paysage alpin, aux cimes chapeautées de neige sur fond de mer froide et pure.

Seuls les vikings, dans cet univers parfois apocalyptique, trouvaient ici une terre accueillante. Tout est si absolu aux Lofoten, si singulier ; même le silence pèse lourd sur les chalets aux couleurs enfantines qui se détachent des monts escarpés. Car ici, on connaît le prix de la vie rude des gens de mer. La grande nuit polaire, qui engloutit le soleil pendant plus de trois mois, forge les caractères. Il faut aimer être seul, seul au milieu des tempêtes et des épais brouillards, seul à des lieux de tout commerce et parfois du plus proche voisin… La mer a tout apporté et souvent tout repris : la nourriture, l’argent et la vie.

Routes et hameaux frôlent toujours les flots, face au large et ses richesses, face à la seule vraie liberté des gens modestes. Seuls quelques tunnels percent le roc des montagnes agglutinées et de grands ponts, étranges dinosaures aux longs coups, s’arque boutent gracieusement entre les îles.

Dans la campagne les enfants disent bonjour à toutes les voitures qui passent ; on joue encore au ballon n’importe où, on ferme rarement sa porte à clef. Une vie différente où la solidarité l’a toujours emporté sur la méfiance.

 

Exposition photographique de 20 cadres 60x80 cm, photos 40x60 cm.

 

 


Fabrice Milochau -