Fontainebleau..

Immense ; c’est de cet adjectif que semble née la forêt de Fontainebleau. À perte de vue, les arbres succèdent aux arbres, les roches aux roches, le sable à la tourbe visqueuse des mares. Ici, les hectares n’ont aucune importance, aucune signification. Seuls la magie, l’émerveillement, l’incroyable majesté des lieux parlent.

 

L’homme, vieil habitué du coin pour y être né ou presque, touriste d’un jour, ou voyageur transcontinental, vient y chercher le repos d’un autre âge. Le silence, la lumière, la folle architecture du vivant et de l’inanimé, élèvent Fontainebleau au rang de terre sacrée. Aucun autre site en France ne draine autant de passions et de visites ; seule notre Dame de Paris, au cœur même de la capitale et de ses fastes, soutient la comparaison.

Comme les plus belles choses en ce monde, cette forêt puise sa beauté dans sa diversité. Paysages tourmentés aux gorges profondes, plaines arides, marécages, vallons verdoyants, sombres sous-bois, canopées altières, landes battues par le vent, intimes mares, platières, sables immaculés, roches et troncs moussus, prairies de fougères, chacun de ces visages est celui d’une nature toute puissante.

 

Quoi de plus vert que le vert de ces feuilles estivales, transpercées de lumière, de plus humide que le souffle de ces terres digérant lentement l’humus un jour de pluie, de plus enivrant que ces bains de fougères dans lesquels on plonge corps et âme comme pour se purifier, de plus noir que les eaux noires des mares où les arbres se pâment, de plus sensuel que ce sable infiniment fin qui s’écoule entre les doigts, de plus fort que le regard terrifié d’un grand cerf qui s’élance pour vous échapper, de plus reposant que la douce brise du soir qui caresse vos joues comme du satin.

 

Chaque heure, chaque minute passée en forêt de Fontainebleau vous apprend davantage sur la vie.

Nul besoin d’aimer Fontainebleau à l’avance : aucune prédisposition n’est requise pour tomber sous le charme de cette forêt. Elle possède sa propre énergie, sa propre force. Y pénétrer, c’est en recevoir l’offrande.

La forêt de Fontainebleau est un lieu magique : la colère, la tristesse, l’agressivité de chacun s’y trouve dissoute, éparpillée aux quatre vents ...